Un collègue m'a conseillé ce bouquin alors j'ai tenté. 200 pages, ça passe vite. Et encore plus vite en bonne compagnie.

L'écriture rappelle la fin du 19ème siècle/début 20ème, période que je n'aime pas particulièrement et pourtant j'ai tout de suite accroché au style. Allez comprendre !

Un homme normal, plutôt quelconque même commet des crimes pour retracer une série de meurtres datant de près de 200 ans. Ou peut-être n'est qu'un prétexte pour hériter. Toujours est-il que ce bouquin, écrit sous forme de journal, même si le héros s'en défend, attendu que cela est ridicule.

Une histoire rapide, simple mais très recherchée, très originale. Cela m'a un peu fait penser au Parfum, de Patrick Süskind. Quelque chose d'inattendu. ca devient rare ;-)

Le héros est très cynique, très froid vis-à-vis de ses contemporains mais aussi vis-à-vis de lui-même. J'ai trouvé des dizaines de passages du texte qui pourraient illustrer l'ambiance tellement elle est présente en permanence mais je n'en mettrais qu'un, pas forcément le plus féroce mais bien trempé quand même :

"A trente ans bien passés, j'avais déjà compris que la vie des autres n'a que la valeur qu'on veut bien lui reconnaître. On frémit une demi-seconde à la vue d'un accident de voiture sur une route d'Indre-et-Loire, bien filmé par la télé, mais le fait que cinq cent Chinetoques aient avalé leur natte pendant une crue du Yang-Tsé apparaît au coeur blasé du Français moyen comme l'expression d'une statistique. Aucune passion d'ailleurs chez moi. Je n'ai pas, pour l'humanité, l'exécration pathologique d'un Maldoror, et à vrai dire mes semblables m'inspirent trop d'indifférence pour que leur souffrance m'apporte du plaisir."