Un texte léger, sans prétention littéraire qui passe tout seul.

Un bateau français accoste au légendaire Japon pour quelques semaines. Un jeune marin a décid de se marier avec quasiment la première venue. Ce sera Madame Chrysanthème. Il va vivre les semaines de relâche de son navire dans une petite maison japonaise, avec sa femme, les amies et la famille de sa femme une vie typique de Nagasaki.

Un prétexte bien commode pour étaler les moeurs japonaises de l'époque, très raffinées, empreintes de cérémonies obscures. Il n'aime pas sa femme, il ne semblemême pas y avoir de relations sexuelles. C'est juste sa femme. il parle à peine la langue.

Le tableau est très imagé, le narrateur utilise beaucoup la comparaison avec les peintures et estampes japonaises typiques. J'ai pensé à l'ambiance qu'on pouvait supposer sur le bateau d'Achab dans Moby Dick, mais également à Antoine de Saint-Exupéry parle côté : j'écris mais ce n'est pas métier, je suis marin/aviateur, je vous parle de ce que je vis, c'est simple mais finalement peut-être aussi un peu extraordinaire. L'écriture de Loti est bien moins enlevée, moins virtuose, mais on est transporté tout de même.

"Et tout ce monde, en entrant chez moi, se confond en politesses réciproques : et je te salue - et tu me salues, - et je te resalue et tu me le rends - et je te resalue encore, et je ne te le rendrais jamais selon ton mérite, - et moi je me cogne le front par terre, et toi tu piques du nez sur le plancher ; les voilà toutes à quatre pattes les unes devant les autres ; c'est à qui ne passera pas, à qui ne s'assoiera pas, et des compliments infinis se marmottent à voix basses, la figure contre le parquet."