Le maître du haut château - Philip K. Dick
ba, mercredi 9 août 2006 à 18:00 :: Livres :: 1051 lectures :: #80 :: rss
Encore un bouquin de Dick. Le postulat de base est le suivant : l'Allemagne nazie et le Japon ont gagné la seconde guerre mondiale, les Etats Unis sont occupés à l'est pat les Allemands, à l'ouest par les Japonais. Un homme a écrit un livre interdit par les Allemands, qui part du postulat que l'Allemagne nazie et le Japon ont perdu la seconde guerre mondiale...
Je suis déçu. J'avais entendu parler de ce livre comme d'un élément important de l'oeuvre de Dick et j'en ressors complêtement froid.
On retrouve la préoccupation de l'auteur pour les autres réalités possibles, les vérités cachées et imperceptibles sinon à quelques individus un peu tordus de la tête, la prise de tête justifiant l'illogisme par son contre-pied à la logique... bref, je pense qu'il faut être fan ou sans opinion pour apprécier. Je ne fais manifestement pas partie de ces gens.
En fait, ce qui me dérange c'est que j'ai peur que ce bouquin soit mis en exergue simplement parce qu'il part du postulat d'une Amérique vaincue et d'une Allemagne triomphante. On n'est donc pas particulièrement dans la science-fiction, au sens strict du terme (même si selon l'auteur, dès les années soixante, les Allemands vont sur Mars), mais dans une réécriture de la réalité, on est dans Sliders ;-). Cette idée ne vaut pas à elle seule, à mon sens, de porter aux nues un ouvrage. Placer au coeur de tout ça un auteur qui aurait écrit l'opposé exact, c'est à dire un livre imaginant la victoire des Alliés sur l'Axe, n'est pour moi qu'un clin d'oeil, une sorte de private joke partagée avec le lecteur.
Le coeur du livre me parait plutôt être occupé par des personnages pas vraiment bien dans leur peau, contraints à agir ou à ne pas agir par leur environnement, rigide, pétri de conventions, de hiérarchie, de contraintes. La quête d'un des personnages vers cet auteur me semble bien moins intéressante que l'observation par le héros du "prêcheur/prophète/président" (je ne me souviens plus de son appelation exacte) dans Blade Runner, qui grimpe indéfiniment sa montagne tous les jours à la télé -ne cherchez pas, ce n'est pas dans le film, uniquement dans le livre.
Le postulat de base est intéressant, il donne un environnement différent et donc matière à imaginer de nombreuses situations impossibles aujourd'hui, mais cela ne constitue qu'une part du livre, et elle ne me semble pas tellement exploitée. J'ai lu il y a quelques années Fatherland, de Robert Harris, qui prenait ce même postulat, et qui m'a bien davantage plu.
Si vous avez apprécié ce livre, dites-le, expliquez-moi ce que j'ai raté, mon appréciation est avant tout une impression, pas un jugement définitif ou de valeur.
Du même auteur : Confessions d'un barjot, Deus Irae, Le Maître du haut château, Radio Libre Albemuth - Prélude à la trilogie divine, SIVA - La trilogie divine I, L'invasion divine - La trilogie divine II, La transmigration de Timothy Archer


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