Que ma joie demeure -Jean Giono
ba, mercredi 28 juin 2006 à 18:01 :: Livres :: 2399 lectures :: #72 :: rss
Une fable pastorale en forme d'éloge à la recherche du bonheur dans une campagne entre la Provence et les Alpes. Le huis-clos étrange d'un hameau perdu qui accueille un inconnu porteur d'espoir.
Je n'ai pas aimé ce livre. Je me suis ennuyé d'un bout à l'autre. Pas que je sois spécialement fan d'action ou d'explosions à tiroirs, mais là, quand même...
J'ai trouvé qu'il ne se passait rien. Que l'évolution des personnages se faisait sans réelle progression. Ils sont sensés être bousculés dans leurs certitudes, dans leurs habitudes, dans leur perception de la vie et il n'en est rien. Du moins je ne l'ai pas senti. Cet étranger arrive avec un concept d'approche de la vie tout à fait novateur pour eux et cela se passe comme si ils attendaient de toute façon l'élu et que c'était bien lui. Qu'un personnage soit dans cet état d'esprit (Jourdan), c'est évident et nécessaire pour faire le relai entre le nouveau-venu et les habitants du hameau, mais tous les autres, plus ou moins réticents ou extérieurs à tout cela se retrouve plus tard totalement en accord, sans qu'il y ait eu d'évolution. On les voit soudain être en phase avec le nouveau.
Je n'ai pas accroché non plus aux longues descriptions naturalistes de Giono. Il nous détaille le paysage, les animaux, les sensations et les émotions qu'il a surement vus et ressentis mais je n'ai pas adhéré. Cela ne m'a pas touché. On sent l'importance que cela a mais pour ma part, je suis resté spectateur dubitatif. Cela doit nécessiter une explication ou un exposé plus fouillé peut-être pour que j'accroche à ce livre.
"Marthe s'était réveillée avant son heure habituelle. Elle avait soudain eu froid du côté vide du lit. C'était à la percée du matin, à l'heure où les époux se rapprochent toujours, à moitié endormis, et se réchauffent, et sont un peu tendres, même ceux qui ne le savent pas, parce que le jour se lève."
"On était arrivé dans le pays de la nuit. Le cheval tatait le monde avec ses longues oreilles. Il essayeit de voir malgré ses oeillères. Il tournait la tête. Il hésitait dans ses jambes. Il glissait du sabot. Il soufflait. Il repartait, tendant le cou avec un renaclement qui lui faisiait trembler le ventre. Il n'y avait tout autour dans la nuit que des formes mouvantes à grandes robes d'argent. La frayeur du cheval remontait en secousses le long des guides."
"Il avait cru entendre un bruit de pas sur la route. C'était une belette qui clapait du gosier. Puis elle fit un bond dans les feuilles mortes. Pendant un moment plus de bruit. Puis on entendit gémir la petite femelle et le mâle qui ronronnait sourdement d'une voix de plus en plus forte."
"Je vois des champs immenses qui, tout d'un trait, d'un bord à l'autre apaises les plaines et les collines comme l'huile sur lamer aplanit les vagues. Des sillons joints bords à bords, comme si j'avais enroulé toute la terre dans ma veste de velours. On ne dira plus ni mes arbres, ni mon champ, ni mon blé, ni mon cheval, ni mon avoine, ni ma maison. On dira notre. On fera que la terre soit à l'homme et nn plus à Jean, Pierre, Jacques ou Paul. Plus de barrières, plus de haies, plus de talus. Celui quienfoncera le soc à l'aube ira droit devant lui à travers les aubes et les soirs avant d'arriver au bout de son sillon. Ce sillon ne sera que le commencement d'un autre : Jean à côté de Pierre, Pierre à côté de Jacques, Jeacques à côté de Paul, Paul à côté de Jean. Tous ensemble."


Commentaires
1. Le mercredi 7 mars 2007 à 11:29, par miko
2. Le mardi 15 avril 2008 à 15:17, par Roxane
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