Comment être de gauche dans un monde qui ne l'est plus ? Comme il se sentait vraiment de gauche, ce n'était pas une question vaine. Ce n'était pas seulement une question politique. C'était une question d'existence. Etre de gauche, pour lui, signifiait : vivre l'idée de la solidarité, de l'égalité, du partage ; croire enl'avenir possible d'une collectivité ; se méfier de l'argent et des penseurs organiques. Et tant d'autres choses encore... Etre de gauche était un inventaire joyeux et dur, un combat, mais aussi une tendresse. Etait-ce une névrose, un ridicule, un fantasme ? Une sorte de Bovarysme politique ? Possible. Mais il trouvait bien tristes, même misérables, ceux qui, à un certain moment du jour, en général vers le crépuscule, ne couvraient pas le miroir d'un tissu rouge pour rêver aunom des autres et pour eux.