Emily Brontë, la soeur de la Charlotte du même nom a écrit ce roman à 27 ou 28 ans, à peine un an avant sa mort. Tout serait le produit de son imagination mais au su de sa vie, recluse dans la lande anglaise, on se doute que pas mal d'éléments d'ambiance lui étaient présents sous les yeux.

Cette histoire fait partie des meilleurs morceaux d'amours contrariées de toute la littérature. L'intrigue, simple à souhait : un obscure enfant trouvé, frustré de ses origine et recueilli par une bonne famille va n'avoir de cesse de venger sa condition première. Il ira jusqu'à détruire deux familles pour assouvir son aigreur. Le jeu des amours impossibles, des vieilles querelles, des cadavres dans les placards permet une imbrication des deux familles et de cet homme des plus saugrenues.

Evidemment, la période d'écriture exige que les personnages du roman soient d'une sensibilité exacerbée, d'une finesse et d'un rafinement sublimes. On est en plein dedans. Fanatiques d'action et d'explosion s'abstenir !

Il faut noter, à propos de l'écriture elle-même que si le langage est tout à fait abordable, on s'aperçoit régulièrement que l'imbrication de narrateur est assez complexe : le narrateur "réel" rapporte ce que lui a dit une personne, qui elle raconte ce que lui a dit une autre personne qui parfois raconte... vous m'avez compris mais on arrive sans trop de problème à suivre. Cela sans compter les "lettres", écrites par l'un, à destination de l'autre, dont un troisième rapporte à un quatrième que...

Une lecture à conseiller aux amateurs de littérature romantique.