J'ai entendu parlé de Cioran mais sans jamais comprendre qui c'était, sans savoir ce qu'il disait.

Je suis extrêmement déçu. Cet ouvrage au moins, je ne peux pas juger de l'ensemble de ce qu'il a pu écrire, me semble sans intérêt. Je ne suis pas particulièrement versé dans la philosophie ni très calé en dialectique mais j'ai déjà vu des gens se branler en parlant. Je crois que j'ai assisté là à une branlette écrite.

Je m'explique. Il me semble que la plupart des pensées qu'on trouve dans ce bouquin semblent porter aux nues l'inverse de ce que tout le monde pense : la naissance est une plaie, la mort un soulagement, la déception apporte plus que la satisfaction, on est heureux d'être malheureux, il vaut mieux penser à rien qu'à quelque chose... bref tout un tas de pieds de nez stupides et stériles selon mon éclairage. A part quelques boutades par-ci par là, je n'ai trouvé presqu'aucun intérêt à ce livre.

J'aimerai qu'on m'explique le message, la pensée de cet homme. Je dis ça au premier degré, j'ai vraiment envie de comprendre, ça ne peut pas être gratuit ni sans fondement mais c'est hors de ma portée seul.

"Nous ne courrons pas vers la mort, nous fuyons la catastrophe de la naissance, nous nous démenons, rescapés qui essaient d'oublier."

"Ce que je sais à soixante, je le savais aussi bien à vingt. Quarante ans d'un long, d'un superflu travail de vérification."

"Si le dégoût du monde conférait à lui seul la sainteté, je ne vois pas comment je pourrais éviter la canonisation."

"N'est pas humble celui qui se hait."

"Plus les hommes s'éloignent de Dieu, plus ils avancent dans la connaissance des religions."

"Un ennemi est aussi utile qu'un Bouddha. C'est bien cela. Car notre ennemi veille sur nous, il nous empêche de nous laisser aller. En signalant, en divulguant la moindre de nos defaillances, il nous conduit en ligne droite à notre salut, il met tout en oeuvre pour que nous ne soyons pas indigne de l'idée qu'il s'est faite de nous. Aussi notre gratitude à son égard devrait-elle être sans bornes."

"On doit se ranger du côté des opprimés en toute circonstance, même quand ils ont tort, sans pourtant perdre de vue qu'ils sont pétris de la même boue que leurs oppresseurs."

"Dieu : une maladie dont on se croit guéri parce que plus personne n'en meurt."