On retrouve bien Mike Resnik dans ce livre. Transposez ce thème et toute lhistoire en Afrique et vous avez la démarche scientifique de certains vieux aventuriers scientifiques du temps des colonies britanniques ou françaises.

Un peu comme la trilogie Paradis, Purgatoire et Enfer, le livre reprend trois transformations aux conséquences de plus en plus dures, de plus en plus importantes. Le héros s'enfonce dans ces transformations au point de risquer de ne plus pouvoir revenir mais en a-t'il vraiment envie ? Est-il encore un Homme ? est-il une luciole, une licorne ou un gros ver ?

L'avancement de la recherche fait apparaître, dans le livre, que l'être humain, si content de lui et de ses facultés tant physiques qu'intellectuelles, est-il pour autant la meilleure créature de l'univers ? L'européen civilisé vaut-il mieux que l'africain de brousse ? Le livre met bien en valeur l'idée que le développement ne se fait pas forcément toujours sur le même modèle et donc que notre appréciation du développement des autres ne vaut pas forcément grand chose.

L'art aborigène d'aujourd'hui est-il inférieur à la peinture italienne de la renaissance ? Evidemment diront certains ! En sont-ils sûrs ? Chacun juge avec ses propres références (voir Le discours de la méthode de Descartes).

J'aime assez l'écriture de Resnik, pas complexe, mais pas trop simple non plus. L'avancement dans l'histoire se fait progressivement, et comme à chaque fois, cela devient plus noir au fur et à mesure, plus lourd. Comme s'il partait d'une simple idée sur laquelle tout le monde peut s'accorder et la poussait à bout, jusqu'à l'absurde, jusqu'au point de non retour. Il ne s'égare pas dans des sentiments ou des descriptions, il n'y a que le strict nécessaire pour avancer dans l'histoire.

CHANGEZ MOI.