Fred Trumper, alias Bogus, alias Boggle, alias Thump-Thump est emblématique de l'écriture d'Irving. Un homme d'une trentaine d'années, normal en apparence mais avec des grosses faiblesses morales. Il aime mais ne sait pas l'exprimer. Il est capable de considérer comme plus important qu'une fourmi arrive au bout de la table que de répondre à sa femme si elle doit rester ou partir définitivement.

Lutteur avec problèmes urinaires, écrivain dans l'âme mais monteur sonore de fait, héros du film d'un autre et malgré lui de sa propre vie.

J'ai plus de mal à accrocher à L'épopée du Buveur d'eau qu'au Monde selon Garp. Le début m'a paru très lourd, pas entrainant, confus, comme non abouti. Seules les 100 dernières pages en fait m'ont emballées. Il faut dire que la ressemblance de thème et de traitement avec l'ouvrage nommé ci-avant est si flagrante qu'on ne peut s'empêcher de comparer. Et manifestement, du moins pour moi, il y a l'ébauche et l'oeuvre. Pour ne pas dire le chef d'oeuvre.

A signaler les fréquents changements de temps d'un chapître à l'autre, qui assemblent au fur et à mesure l'histoire du héros. On passe aussi d'une narration à la première personne à une narration à la troisième personne renforçant elle l'idée que Trumper n'est pas que décisionnaire dans sa vie mais aussi spectateur impuissant de son destin. Il en ressort un fatalisme insupportable et pourtant inséparable du personnage.

Etrange ce lien d'Irving à l'Autriche. En effet, il y passe une part du roman, comme Liberté pour les Ours qui lui se passe entièrement là-bas, et comme une partie aussi duMonde selon Garp. Je n'ai pas lu de biographie de John Irving donc ne m'accablez pas sur le sujet, je trouve agréable de conserver ce mystère encore un peu...

Du même auteur : L'épopée du buveur d'eau - L'hôtel New Hampshire