L'enfant - Jules Vallès
ba, lundi 9 janvier 2006 à 10:03 :: Livres :: 5569 lectures :: #39 :: rss
L'enfance et l'adolescence du petit Jacques Vingtras, alias Jules Vallès lui-même. La description d'une enfance du 19ème siècle entre ancien régime, débuts de l'industrie, ébauche de prolétariat, de démocratie et restes de religions, bousculade des valeurs...
Un livre qu'on lit habituellellement au collège je crois.
L'enfant est le premier volume de la trilogie de Jules Vallès, suivi par Le bachelier et par L'insurgé.
On y retrouve les ingrédients de l'époque et surtout l'esprit : la conscience que les choses changent. L'ancien régime n'est plus. Enfin en principe, car certains tentent de le perpétuer. Cela passe par le respect absolu des convenances, de la religion, de l'autorité. Le prestige de l'éducation, celui qui a fait des études a une véritable valeur.
La naissance du prolétariat avec sa liberté, sa virilité fascine et effraie. Il n'est pas question que mon fils soit ouvrier ! Et pourtant c'est ce qui émerveille Jacques Vingtras. Il admire son oncle menuisier, veut être imprimeur, les mains sur la machine, dans l'huile et l'encre. Le bruit incessant, la vie. Et non pas suivre les traces de son père dans l'enseignement. Un combat, une lutte pour la vie, pour la naissance et de l'autre côté pour la survie d'un état déjà dépassé.
"Encore un bouchon qui saute, un rire qui éclate et les bouteilles trinquent du ventre dans les doigts du cabaretier ! Le soleil jette de l'or dans les verres, il allume un bouton sur cette veste, il cuit un tas de mouches dans ce coin. Le cabaret crie, embaume, empeste, fume et bourdonne.
A deux minutes de là, le collège moisit, sue l'ennui et pue l'encre ; les gens qui entrent, ceux qui sortent, éteignent leur regard, leur voix, leur pas, pour ne pas blesser la discipline, troubler le silence, déranger l'étude.
Quelle odeur de vieux !..."
"Je donnerai beaucoup pour recevoir une gifle ; ma mère est contente quand elle me donne une gifle, - cela l'émoustille, c'est le frétillement du hoche-queue, le plongeon du canard, - elle s'étire et rencontre la joue de son fils ; quelle joie pour une mère de le sentir là à sa portée et de se dire : c'est lui, c'est mon enfant, mon fruit, cette joue est à moi, - clac !"
"On me promet, comme à tous les gamins, des récompenses, un gros sou, si je suis sage, et chaque fois que je suis le premier, une petite piécette blanche. On me la donne ? Non, ma mère m'aime trop pour cela."
"Ah ! J'ai grandi maintenant ; je ne suis plus l'enfant qui arrivait du Puy tout craintif et tout simple. Je n'avais lu que le catéchisme et je croyais aux revenants. Je n'avais peur que de ce que je ne voyais pas, du bon Dieu, du diable ; j'ai peur aujourd'hui de ce que je vois."


Commentaires
1. Le lundi 16 octobre 2006 à 18:42, par sweet girl
2. Le mardi 17 octobre 2006 à 10:59, par ba
3. Le mercredi 21 mars 2007 à 12:28, par Marine
4. Le dimanche 2 novembre 2008 à 10:45, par Celine
5. Le mercredi 4 mars 2009 à 16:23, par Sophie
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