Mike Resnick est un écrivain de science fiction un peu à part je trouve.

En fait pour moi, il n'est pas un écrivain de science fiction. Il écrit des choses sur le réel et les déguise en les faisant passer sur une autre planète, dans un autre temps.

Dans Paradis, on a le cas d'une colonisation pas trop ratée. Oh évidemment les humains bousculent un peu les "péponiens" mais même si au bout d'un certains temps, d'aucuns pensent que "c'était mieux avant", que maintenant c'est une planète comme une autre alors qu'avant, si vous aviez vu...

La colonisation de la planète a pris du temps, a changé les moeurs d'origine des autochtones, les a bousculés dans leurs habitudes, dans certaines notions (l'introduction de l'argent par exemple), la valeur de la vie des êtres supérieurs (équivalents des humains), des animaux. Le résultat final est qu'une planète qui ne faisait pas partie de la "République", qui n'existait pas pour le système humain à l'échelle de la galaxie, a intégré ce système, s'est fait sa place, existe maintenant pour elle-même mais aussi pour les humains de toute la galaxie. Certains n'en ont cure, bien sûr, mais d'autre y viennent pour le commerce, le tourisme. D'un néant d'inexistence, Péponi (c'est le nom de la planète) est devenue une planète, plus ou moins connue, plus ou moins enviée, désirée, ou ignorée, mais existante.

D'un "colonisateur humain" à un "colonisé autochtone" pronant l'indépendance : "A ma connaissance, seuls sept membres de votre race ont accédés à des études supérieures. Pour être parfaitement brutal, la plupart de vos congénères vivent encore comme des sauvages et ne portent pas plus d'intérêt à l'exercice du gouvernement qu'aux mathématiques supérieures. Comment pouvez-vous raisonnablement espérer former un gouvernement fonctionnel ?"

Imparable et pourtant philosophiquement dur à admettre.