Si Péponi pouvait être vue comme un Paradis, Karimon, la planète où se déroule Purgatoire est sur la route de l'Enfer...

Les serpents qui l'habitent ne sont pas très évolués mais vivent plutôt bien, sont organisés en tribus, pas de gouvernement planétaire bien sûr mais une certaine organisation sociale.

Le premier humain que les habitants de Karimon vont voir est un missionnaire chrétien, il sera d'ailleurs à la fois leur protecteur et le début de leur perte. Sa protection est efficace mais sa simple présence est le début de l'arrivée des humains, et donc le début des changements à venir.

Ou comment les meilleures intentions du monde peuvent aboutir à ce que l'on redoute.

Apporter la médecine, l'éducation, la justice, des notions aussi indiscutables que l'empathie ou le partage peuvent tout à fait bouleverser une société. Ces notions, tout à fait intégrées à l'Humanité originaire de la planète Terre ne sont pas forcément adaptable tel quel à d'autres civilisations. Les Humains ont mis des millénaires à se les approprier, à les intégrer. Comment une civilisation ne les possédant pas peut-elle les acquérir d'un bloc, d'un seul coup sans que cela provoque des remous d'une intensité imprévisible ? A priori, selon Resnick en tout cas, cela n'est pas possible.

Malgré la bonne volonté des colonisateurs, le cynisme l'emporte vite :

Dialogue entre deux Humains, un sous-fifre et la "dirigeante" de la colonisation : "J'aimerais prendre deux ou trois ans pour monter une industrie cynégétique sur la planète (des safari ndlr). J'ai vraiment beaucoup aimé mon séjour avec Fuentes. Je pense qu'une chaîne de pavillons et de camps, avec une bonne campagne de publicité dans la République, rembourserait rapidement vos investissements." Elle réfléchit longuement à la proposition. "ce n'est peut-être pas une mauvaise idée, Linus. On parlerait de nous dans les journaux populaires, ça stimulerait la création d'hôtels et de tous les autres commerces associés à l'industrie du safari. Cela pourrait même rendre rentable un second spatioport." Un silence.

"Combien de temps durera le gibier ?

- Je vous demande pardon ?

- Combien de temps avant que les animaux soient tous tués, ou bien qu'il en subsiste si peu qu'il nous faudra créer des parcs et nous mettre à vendre le climat et les paysages ?"

Autre dialogue :

"Que sommes-nous... le bon ou le mauvais ?
- Ca dépend.
- De quoi ?
- De qui écrit les livres d'histoires."

"Confronté à une situation intolérable, vous traîtez avec le plus faible de vos ennemis et vous gardez le contrôle de tout ce qui pourra perpétuer sa faiblesse. Le B.A. BA de la politique, en vérité."