Je n'avais pas envie de lire ce bouquin, m'imaginant que c'était l'histoire d'une "jeune fille en fleur" atteinte d'une grave maladie ou maltraîtée par des voyous.

Il n'en est rien. Ce roman est en fait une part d'autobiographie de Christine Arnothy. 2 ou 3 mois de savie dans la cave de son immeuble en ruine à Budapest pendant l'assaut des troupes russes, cherchant à déloger les troupes allemandes.

Un portrait de plusieurs habitants, les bourgeois qui ne comprennent pas ce qui leur arrive, les faibles, les forts, les pauvres, les juifs, les égoïstes... un peu de tout dans cette situation extrême où on manque de nourriture, d'eau, de sureté, d'espoirs.

L'héroïne n'est que la narratrice, elle n'a rien de plus ou de moins que les autres, elle raconte, c'est tout. Sans grandes phrases, avec une sorte d'abandon, un fatalisme qui ne serait pas morbide car il reste la volonté de vivre mais sans réaction forte, sans ruade. Il est interessant de noter, selon les dires de l'auteur, qu'une fois le départ de l'armée allemande obtenu, c'est l'armée russe qui prend possession de la ville et cela reste une armée, qui en plus agit en vainqueur, et donc s'accapare la ville, ses habitants, son reste d'humanité ou de dignité. Viols, vols, meurtres... le cortège funèbre d'une armée en campagne.

La dernière partie, après la libération est moins intéressante, elle raconte l'exil ou plutôt la tentative d'exil, quelques étapes de la clandestinité mais ce n'est pas le propos du livre.

Un bouquin qu'on peut avoir lu.