Les échelles du Levant - Amin Maalouf
ba, lundi 14 novembre 2005 à 10:21 :: Livres :: 2456 lectures :: #22 :: rss
Maalouf l'Euroriental. Un auteur moyen-oriental, qui nous conte l'Europe, le moyen-orient d'une manière toute particulière, qui nous rapproche les uns des autres, sans user de bons sentiments, juste d'expériences et de tranches de vie.
Amin Maalouf n'en est pas à son premier essai sur l'imbrication entre l'Europe occidentale, chrétienne, et le moyen-orient, judéo-christiano-musulman.
Les Croisades vues par les arabes était déjà bien ancrées dans le sujet, Léon l'Africain, un espagnol émigré au Maghreb puis au Vatican, puis un peu partout... Seuls Les jardins de Lumière (le troisième livre de lui que j'ai lu) ne s'y rapporte pas.
Dans Les échelles du levant, on a affaire avec un turc moitié arménien par sa mère, émigré vers Montpellier, pris dans les fils de la seconde guerre mondiale, partie prenante, presque à son corps défendant et pourtant par ses convictions. Encore un "héros malgré lui" finalement. Un homme normal, aspirant à la normalité, rejetant toute distinction, tout superlatif à son endroit, qui va se retrouver impliqué dans des choses qui le dépassent, le destin peut-être, et dont il sortira, aux yeux des autres, comme un héros. Malgré lui.
Une lecture qui me boulverse par moments, qui en tous cas me pousse à arriver au bout du livre, sans vouloir que cela se termine.
Quelques morceaux choisis :
"L'avenir n'habite pas dans les murs du passé."
"Les vrais maîtres [...] sont ceux qui vous enseignent des valeurs différentes."
"C'est une fort détestable habitude que d'affubler les enfants de prénoms qui expriment les opinions des parents, leur engouement ou leurs préoccupations du moment ; un prénom doit être - vous en conviendrez - la page la plus blanche, pour que la personne y écrive, durant sa vie, ce qu'elle saura y écrire."
"Mon père est turc, ma mère était arménienne, et s'ils ont pu se tenir la main au milieu des massacres, c'est parce qu'ils étaient unis par leur refus de la haine. De cela j'ai hérité. C'est cela ma patrie. J'ai détesté le nazisme non pas le jour où il a envahi la france, mais le jour où il a envahi l'Allemagne."
Du même auteur : Les échelles du levant, les identités meurtrières, le rocher de Tanios.


Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire