Nous aurait-on dit que les choses se passeraient ainsi que nous n'y aurions pas cru.

C'est que nous n'avions pas mesuré l'état réel de l'opinion. Elle est plus qu'amorphe, tétanisée par la peur. Normal au demeurant.

Répétez aux gens que l'Etat est au bord de la banqueroute, que le déclin est inévitable, que leurs retraites sont menacées, ajoutez à cela que l'adaptation est la seule chance de survie, et vous avez bien préparé le terrain. Mettez-les ensuite dans les mains d'un patronat obsédé par la rentabilité et vous obtenez ça : un peuple qui met en oeuvre le sauve-qui-peut et le chacun-pour-soi.

La peur, nous on est pour. C'est notre meilleur agent d'ambiance.