Ils l'ont passé ce week-end à la télé les imbéciles ! Enfin c'est que je me suis dit. Je devais le commencer la semaine dernière et puis finalement c'est tombé cette semaine alors je me suis dit : "je regarde le film ou pas ?". Ma femme, qui l'a déjà lu, m'a dit qu'il lui semblait que le film était un peu différent, donc ça ne gênerait pas de voir le film avant de lire le livre. Banco.

Bah le film est pas mal, rythmé tout ça...

Mais il ne reprend semble-t'il que l'idée de départ du livre puis quelques situations ou moments importants pour arranger le reste à la sauce hollywoodienne : histoire d'amour impossible, invulnérabilité et assurance du héros... ce qui ne semble pas être le cas dans le roman (je n'en suis qu'à une centaine de pages). Ca m'enerve ça qu'on puisse prendre un bon bouquin, le trouver bien, vouloir l'adapter au cinéma (très bonne idée) et finalement de n'en reprendre qu'une partie, pas la plus intéressante la plupart du temps pour l'arranger bien commercial, bien "blockbuster" comme on dit chez les gens qui savent en parler.

Même sentiment pour Blade Runner qui est simplifié à l'extrême pour son passage au grand écran, où toute notion religieuse est occultée, idem pour Le nom de la rose d'Eco où la religion est certes présente mais pas la notion de conflit entre congrégations, du moins pas autant que dans le roman original ou elle constitue le corps de l'énigme. Un contre-exemple tout de même : la trilogie du Seigneur des anneaux. Même si certains éléments ont été passés sous silence (Tom Bombadil par exemple) ou déformés (la relation amoureuse d'Aragorn), on est resté dans l'esprit de l'auteur original.

Bref, c'est comme si les consommateurs de cinéma n'étaient pas capable d'absorber ce que les consommateurs de livres peuvent eux encaisser. On fait du pré-digéré, du facile, du tiède. Dormez braves gens, ne réfléchissez pas trop, ça va vous fatiguer.

Je suis pas pour ce qu'on appelle les films d'auteur, mais un peu plus de complexité dans nos loisirs nous ferait avancer pas vrai ?